D'écrits en silences

29 janvier 2010

Ville haute

 Samedi soir, ville haute
Les éclats de Noël
Flottent aux tours, les notes
Des parfums de cannelle.

Au hasard déambule
Sans raison qu'être là.
Et traîner de mes pas
Le marché et sa foule.

Les pavés, cheminer
Cette nuit et soudain...
Une croisée, des destins
Des passés sans demain.

Un regard qui s'effile
D'une fuite ingénue.
Vous qui fûtes presque celle
Vous qui fûtes si nue.

Vous revoir cet instant
Volé à vous, au temps.
Un sillage déjà loin
A votre bras, le sien...

Samedi soir, ville haute
Tournent le vent, le gel,
Les lumières de Noël.
Et les regrets qui me hantent...


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15 juin 2009

Indicible

Empreintes de toi
En allées de ma vie,
Re-foulant d'infinis
Les regrets en émois...

Empreints de toi
Les rêves à mon cœur,
Où ne poussent au-delà
Qu'ancolies pour toutes fleurs...

Emprunt de nous
Dérobés des possibles
A me croire assez fou.
Reste l'indicible...

Je t'...


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23 décembre 2008

Rememberrances



Loin des avenues Elysées

Tracées de futurs établis,
Au fond des marges défoncées
Sa vie à sang, il écrivit

Loin des bignoles en leurs cages,
D'escaliers en goutte Dior,
L'îlot Chalon a des naufrages
Et ses récifs à échoir...

Loin, voyages artificiels,
Parti nourrir le singe
En rails de flashs virtuels
Pour d'infinis Dragon Chasing

Loin, sa dernière escale,
One way trip vers Bogota,
Ultime shoot, à balle réelle
Eperdue sa vie... déjà...

Loin en loin dans ma mémoire,
De ses errances éblouies
Restent nos fiévreux espoirs.
C'était juste mon Ami...


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12 septembre 2008

Paris Indien



Octobre après midi

Paris terrasse
Cet été infini
En sa chaleur vivace

Au soleil inondé,
Rendez vous aux Grands Hommes,
Retrouver nos passés,
Pour jouer à faire comme...

Cette ville et toi, émois.
Glisser comme autrefois,
Dans tes bras, en ses Saints
De Michel à Germain.

Remonter à ton cou,
La longue rue des Ecoles.
Sans raison qu'être nous
Et mes idées plus folles.

Longtemps suivre nos pas,
Côté cours, Côté Seine.
Irrésolu à ce vide, déjà
A nos baisers qui saignent.

Mais au Pont Saint Louis, suspendu
Comme le temps à ses pierres,
Une pause que j'ai su
A jamais éphémère...


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25 juillet 2008

Bulle de plomb


Comme une bulle de plomb,
Immobile aux vivants,

Loin des lames et tombants,
Reposant par le fond.

Comme une infinie grève,
Sans reprise des rêves.
Sous le rideau défaire
Les ardeurs en poussière.

Comme un flambeau éteint,
Aux défaites naguère vécues.
Malheur au vaincu !
Retraite volontaire... puis rien.

Juste une vie parenthèse,
Loin des froids vents de braise,
Arides passions de glaise...

Mais ne pleurez pas... Elle dort !

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09 juillet 2008

Once again...the time


Encore une fois...

Sa gueule en face,
Le teint dans la glace.

Encore une fois...
Fracasser l'émo
Aux puits sans mot.

Encore une fois...
Les pouces au fond des yeux,
Barrage silencieux.

Encore une fois...
Des extincteurs à ravaler,
Eteindre et oublier.

Encore...
Il était, mais ne sera pas
une fois...


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04 juillet 2008

Correspondance

Lentement, mot à mot, se décliner.
A vos jambes, ces lettres suspendues,
A vos boucles discrètement déliées,
L'écrit jeté vers l'inconnu.


Tu poses "vous", je retiens "tu"
Puis tu m'épelles à coups de pieds,
Tendre kyrielle, chaque secret
Pudiquement jusque là tu ....

 

La relation tissée de traits,
Pour quatre mains à conjuguer.
Quand entre les lignes enlacées,
Tendent ces rimes à embrasser.

 

A nous coucher sur le papier,
Nos deux initiales emmêlées,
Tu te décris,  je me dé-livre,
Nous devinant en vers mais libres...

 

Jeux de mots, envolée de billets
En partance... Correspondance.
De parenthèses en pointillés...

 

Sans jeter l'encre ...
Correspondance !



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09 juin 2008

Retrouvailles


De vous, j'avais tout oublié,
Ou peut être...
Un sillage dans les remous politains,
Un regard appuyé contre la vitre.

C'était une autre ville,
D'avant...
Un jour d'orage, entre ses portes,
Une rame filant sous la surface.

Nous, étrangers entre mille, à la croisée
De nos regards...
Une effraction du temps, s'entre appercevoir,
Un instant ... et le vide après.

Comme une fulgurance et la vie tout autour
Ah oui la vie...
Un bail à expirer, recherchant les toujours,
Un vain passé à guetter les soleils au lever.

Et puis d'autres adresses, parfois changer de peau
De retraites en flambeaux...
Un jour, griller aux torchères de l'envie,
Un autre, au nord des amers de solitude

De vous, j'avais tout oublié,
Et pourtant...
Une seconde et remonter au temps,
Un métro, cet instant... Aujourd'hui
Vous retrouver...

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03 juin 2008

Le lien défait


J'ai plein de liens qui flottent

Et des vies à refaire.
Mes toujours aux sans faute
Près de toi désespèrent...

Nos doigts... Alliances hier encore
Noués en rempart tout autour.
Là, si las, si lâches, si gourds
Hors d'état d'étreindre, si fort.

Regards...assoiffés l'un de l'autre,
Fil conducteur de nos émois...
Là, détournés, cherchant la faute,
Ne reflétant que les pourquoi ...


Et puis...
En dépit des malgrés et malgré les dépits,
Remonter à ton front, encore cette nuit.
Re-gréer de blanc notre grand lit bancal,
De nos draps étarqués, souffler le voile.

Redessiner notre île du pont de tes soupirs,
Puiser l'ultime lie à nos bouches mêlées,
Taire en ton sein le cri de ce non-devenir,
Au passé imparti s'inventer un après...

Mais...
De cet amour terminal, que reste t-il à espérer ?
Quand l'ardent se nécrose en nos vols ajournés
Et que nos cœurs largués restent aux objets trouvés !
Quand le départ s'affiche, semblable à l'arrivée :
"Le lien défait"





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27 mai 2008

Vide grenier


Ce soir encore,

Remonter du temps l’escalier,
Dégonder la porte,
De ce vieux grenier

Quand les cadrans déraillent
De la mémoire… Des failles.
S’étendre au plancher, poussières
Dansant aux lucarnes de lumière

Derrière le battant,
Des relents de nostalgie,
Des confitures d’avant,
Au goût latex d’une nuit

Retrouver l’espace, un instant,
Clés des chemins oubliés,
Promesses volatiles au vent
Des saisons, tourbillons des secrets

Revoir les boucles mêlées
Aux fenêtres, maison de poupées.
Drames et ciels de dentelles,
Moments volés pour garder tout d’elles

Au fond des ombres sous pente,
Rampe l’obscurité des regrets.
Le banc des "si" tourne les "j’avais",
Rejoue la bande… magnifique absente

Et puis tous les jouets… cassés,
Les histoires d’A, les histoires d’O,
Les briques et les bocs en un subtil chaos.
En deux mots… Mon grenier.

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